Historique de la Villette
En collaboration avec l'établissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette, le site Internet de la Philharmonie de Paris propose un panorama de l'histoire du parc qui accueillera le grand auditorium symphonique.
A partir du 18e siècle
Le site actuel de la Villette, qui était jusqu’à la fin du 18e siècle une zone rurale et boisée, est relié à Paris en 1808 par un aqueduc, devenu canal navigable en 1825 : le canal de l’Ourcq. En 1841, La Villette-Saint-Denis est séparée physiquement de la commune de Pantin par l’enceinte de Thiers, ultime fortification parisienne qui correspond aux boulevards extérieurs et périphérique actuels. En 1860, La Villette est intégrée à la commune de Paris et devient une partie du 19e arrondissement.
1867 : Inauguration des abattoirs de La Villette
Sur ordre de Napoléon III, le Conseil municipal de Paris demande au Préfet de la Seine de transférer intra-muros les marchés aux bestiaux de Poissy et Sceaux. L’emplacement choisi est l’actuel parc de la Villette avec ses extensions, à l’époque vaste zone rurale à peine intégrée à la Ville de Paris. Les abattoirs généraux et le marché sont confiés à l’architecte M. Janvier qui réalise ses plans d’après des croquis de Baltard, le modèle étant les Halles du centre de Paris. Très vite, une gare de marchandise est accolée au marché aux bestiaux. L’endroit devient un des points névralgiques de l’économie parisienne.
Les abattoirs de La Villette sont un des principaux employeurs de Paris. En plus de l’industrie de la viande se développe celle des sous-produits, dont le cuir est le principal élément. Après Gavroche et les poulbots, le Nord parisien se crée un troisième "héros" : le garçon-boucher. L’image populaire l’a retenu comme un gars bourru au grand cœur, sorte de bourreau malgré lui. Comme de nombreux ouvriers parisiens, le garçon-boucher vient de province (Auvergne, Aveyron et Limousin le plus souvent) et est un enfant de l’exode rural et de la Révolution industrielle.
1949 : Rénovation et déclin de La Villette
Le Conseil municipal prend la décision de rénover les abattoirs, devenus au fil du temps vétustes, étroits, peu hygiéniques et dont l’odeur pestilentielle gène les zones d’habitation environnantes. Mais les financements tardent à venir : le concours d’architecture n’est lancé qu’en 1955, les premiers travaux ne commencent qu’en 1959. Le nouveau complexe, doté d’équipements de réfrigération alors forts modernes, n’est inauguré partiellement qu’en 1969, et une salle des ventes fait encore défaut. Les conditions de transport des viandes s’étant nettement améliorées avec de nouveaux camions frigorifiques, il n’est plus nécessaire de faire l’abattage sur le lieu du marché. Les commandes chutent, l’activité connaît une forte récession, créant ainsi de graves dysfonctionnements économiques.
1974 : Fermeture des abattoirs
Dès 1967, la Cour des Comptes dénonce les dépassements excessifs des dépenses initialement prévues pour la rénovation des abattoirs. En 1970, le Sénat s’en mêle, créant une commission ad hoc. Le rapport, rendu public en 1971, est accablant. Le destin des abattoirs et du marché d’intérêt national est désormais entre les mains du gouvernement, qui décide de mettre un terme à leur activité le 15 mars 1974. Les locaux, flambants neufs et à peine utilisés, sont rasés, laissant place à une friche industrielle.

















