Une foreuse du chantier de la Philharmonie croquée par Christophe Rosenberg © C. Rosenberg
Le geste du compositeur des "Parisiennes"
Christophe Rosenberg livre les clés du processus de création de sa pièce musicale.
Raconter la réalité c’est toujours faire oeuvre de fiction.
La composition des "Parisiennes" est le fruit d’une passion pour tous les sons, dont ceux des chantiers de construction entendus depuis mon enfance comme autant d’orchestres géants. L’écoute est, de nos sens, celui qui nous rattache le plus à nos instincts. C’est un sens privilégié de l’affectivité.
La démarche créatrice des "Parisiennes" repose sur les principes suivants :
- Produire une version vraisemblable bien qu’imaginaire de la réalité sonore du chantier.
- Fabriquer une fiction dans laquelle les professionnels se retrouvent sans se sentir trahis et que les novices découvrent avec curiosité sans se sentir exclus.
- Accorder à chaque machine, à chaque outil le statut d’instrument de musique et à chaque homme celui de musicien.
- Assumer la conviction que les gestes experts des ouvriers produisent des matériaux sonores porteurs d’une expressivité comparable à celle d’un musicien.
- Utiliser uniquement les sons bruts, titrés, classés et organisés pour les besoins de la composition sans aucun effet spécial de transformation.
- Respecter le mouvement perpétuel du chantier et les sensations d’espace en privilégiant des prises de sons stéréophoniques.
- Privilégier le rythme car il est incessant à cette étape du chantier.
- Réaliser une pièce courte qui puisse s’écouter sur le site web de la Philharmonie de Paris.
- Réaliser une pièce musicale accessible, amusante, déroutante et vivante.
Christophe Rosenberg