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Ministère  de la culture et de la communication Mairie de Paris Conseil régional d'Île-de-France
Jouet de Bulldozer posé sur des cordes de piano
Bulldozer-Piano © C. Rosenberg
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Le compositeur des "Parisiennes" présente son œuvre

A partir des sons glanés sur le chantier, le compositeur Christophe Rosenberg a réalisé "Les Parisiennes", une œuvre de musique concrète. Il revient sur la genèse de ce projet.

Comment est née l’idée d’un carnet de sons du chantier de la Philharmonie ?

Christophe Rosenberg : Il se trouve que je suis passionné d’architecture, que j’habite à proximité et que j’ai toujours considéré le parc de la Villette comme un lieu magique. Et puis le terme de "Philharmonie" signifie qu’on regroupe les gens, qu’on les éveille... autour de l’amour de la musique. C’est un engagement très fort du point de vue citoyen, et il me semblait impossible d’imaginer un tel programme, avec une telle ambition, sans que les gens du quartier et ceux qui contribuent à son existence, les dessinateurs, les architectes, les ouvriers, etc. soient présents à un moment donné. De plus, j’aime les sons concrets depuis longtemps, ceux d’un chantier comme celui-ci, forcément encore plus. On parle toujours de désagrément quand on évoque un chantier, alors qu’il suffit de savoir pourquoi on entend quelque chose, même les machines qui font un bruit épouvantable, pour changer d’attitude. C’est aussi cela, cette œuvre concrète.

Comment avez-vous collecté les sons sur le terrain ?

C.R. : Je suis venu deux journées pour les prises de son, en considérant que ce chantier est une métaphore de l’orchestre, que l’architecte est le compositeur de l’œuvre "interprétée" et que les différents corps de métier représentent les instrumentistes. L’idée était d’être le plus proche possible, au moment de la prise de son, de la réalité concrète. J’ai été surpris de constater qu’un bruit, que l’on percevait en premier en entrant, disparaissait, pour peu qu’on descende dans le chantier. Cet aspect me semble très important : le regard que l’on a ne peut pas être celui de l’évidence. Il faut aller chercher les choses, on ne peut pas se contenter de rester au même endroit si on veut toucher du doigt la réalité d’un tel projet.

Comment avez-vous procédé pour composer votre œuvre concrète ?

C.R. : L’idée était de rentrer dans les matériaux réels, tangibles de ce chantier. Nous avons donc fait le choix d’une pièce accessible, avec des sons bruts, absolument pas retraités : c’est vraiment le son tel qu’il est. L’œuvre naît ensuite de l’interprétation qu’on en fait, de l’organisation des éléments entre eux. Certains sons ne sont perçus que parce qu’on les répète, par exemple. Cela permet de construire le rythme du chantier sans que ce soit réellement ce qu’on perçoit. Mon objectif était que l’œuvre donne l’illusion de la réalité, sans qu’une seule seconde ne soit réelle au sens de l’articulation des événements. J’avais aussi en tête qu’un ouvrier avec lequel j’avais parlé ne devait pas avoir l’impression, en écoutant la pièce, que j’avais tout changé.

Comment avez-vous choisi les sons ?

C.R. : Selon des critères de composition. Il y a des sons séquences, qui durent un certain temps et pendant lesquels un certain nombre d’événements vont se produire, d’autres plus courts, ou isolés, qui durent parfois moins d’une seconde. Il y a les sons mélodiques ou rythmiques. Il y a un tout petit peu de voix de temps en temps : puisqu’elles sont là et sont particulièrement constitutives du geste qui est exécuté, il serait absurde de les enlever. La première étape est de tout trier, la deuxième de décider ce qu’on va utiliser, et ensuite comment on va articuler les sons les uns avec les autres, notamment pour éviter les effets de masque. Pour moi, une pièce réussie est une pièce où on n’analyse pas le comment et le pourquoi lors de la première écoute mais où cela fonctionne. En fait, la composition commence, pour moi, dès la prise de sons.

Pourquoi avoir intitulé votre œuvre "Les Parisiennes" ?

C.R. : Au départ, nous souhaitions l'appeler "Les Berlinoises", clin d'oeil à mon attachement à Berlin et à l’une des techniques de réalisation des parois en béton projeté, avec les "Moscovites" et les "Parisiennes". Mais les techniciens m’ont appris que les parois réalisées sur le chantier de la Philharmonie de Paris l’avaient été selon le procédé des "Parisiennes". J’ai donc modifié le titre. Et puis imaginer que la stabilité de la Philharmonie reposera d'un point de vue technique sur les "Parisiennes" me plaît beaucoup ! Ce projet a vocation à s'ouvrir au monde, et aujourd'hui, combien de villes sont aussi métissées que Paris ? "Les Parisiennes" s'est donc imposé naturellement.

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Les Parisiennes

"Les Parisiennes" est une oeuvre de musique concrète du compositeur Christophe Rosenberg, réalisée à partir des sons du chantier de terrassement de la Philharmonie de Paris.
Les Parisiennes, oeuvre musicale de Christophe Rosenberg

Le geste du compositeur des "Parisiennes"

Christophe Rosenberg livre les clés du processus de création de sa pièce musicale.
Dessin d'une foreuse du chantier croquée par Christophe Rosenberg

Sons du chantier : béton dans le tuyau

Pour composer l'oeuvre de musique concrète "Les parisiennes", Christophe Rosenberg a enregistré les sons du chantier de terrassement de la Philharmonie de Paris, matière première de sa création musicale.
Photo du tuyau du béton sur le chantier de la Philharmonie de Paris

Sons du chantier : chenilles du bulldozer

Pour composer l'oeuvre de musique concrète "Les parisiennes", Christophe Rosenberg a enregistré les sons du chantier de terrassement de la Philharmonie de Paris, matière première de sa création musicale.
Photo des chenilles du bulldozer sur le chantier de la Philharmonie de Paris
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