Auditorium de Dijon, MC2 à Grenoble, Salle Pleyel à Paris, Grand-Théâtre de Provence à Aix-en-Provence et les salles à venir de Bordeaux et Poitiers, nouvel auditorium de la Maison de Radio-France... Le paysage des infrastructures culturelles françaises connaît depuis quelques années, de profrondes mutations, dont la Philharmonie représentera l'achèvement.
La volonté de doter Paris d’une salle de concerts importante pour le répertoire symphonique remonte au 20e siècle. La première salle exclusivement dédiée à la musique orchestrale est la Salle Pleyel, inaugurée en 1927. Auparavant nombre d’églises et de théâtres abritaient des concerts symphoniques.
Les trois salles une vocation musicale existantes se révèlent rapidement trop exiguës : l’ancienne salle Pleyel (aujourd’hui détruite), la salle des concerts du Conservatoire (devenue la scène du Conservatoire National d’Art Dramatique) et la salle Gaveau. Le Palais du Trocadéro, vaste auditorium d’inspiration mauresque à l’acoustique peu performante, inauguré en 1878, est détruit en 1937 pour laisser place au Palais de Chaillot. Il aura fallu attendre 1963 et l’inauguration de la Maison de la Radio pour qu’un nouvel auditorium voit le jour.
La première réflexion structurée autour d'un nouveau projet pour l'écoute de la musique classique démarre avec l'ensemble de la Cité de la Musique conçu à la fin des années 70. Face au Centre Pompidou, inauguré au même moment et donnant une nouvelle définition de l’approche artistique pour l’art contemporain, un équivalent pour la musique devient nécessaire. La construction d'un grand complexe musical est donc planifiée Porte de Pantin. Prévues dans ce grand ensemble, la salle d’opéra – finalement construite à Bastille – et la salle de concert attenante ne verront finalement pas le jour. Le débat sur l'opportunité de la construction ou non de cette salle de concert est resté clôt jusqu’en 1995, année d’inauguration de la Cité de la Musique.
A cette date, le projet de construction d'une salle à Paris est relancé et des rapports sont demandés par l'Etat. Au même moment, la Ville de Paris prépare son propre projet de transformer le théâtre de la Gaité-Lyrique en auditorium, ce qui a retardé les décisions venant du Ministère de la Culture.
En 2002, dans le cadre des lois de décentralisation, le nouveau gouvernement décide d'impliquer les collectivités locales dans les grands travaux. La vie symphonique parisienne connaît alors une crise de grande ampleur : la seule salle véritablement consacrée à ce répertoire (la salle Pleyel) était passée en gestion privée, le niveau des orchestres permanents ne tenait pas face à la concurrence internationale, les orchestres associatifs étaient menacés de liquidation et la désaffection du public était manifeste. L'Etat décide alors de réagir et reprend en main la salle Pleyel, en dialogue avec la Ville de Paris.
Après quatre ans de fermeture pour travaux, la réouverture de la salle de la rue du Faubourg Saint-Honoré et son succès public permettent d'accélérer les décisions concernant la construction du grand auditorium, et en mars 2006 le projet de la Philharmonie de Paris est officiellement annoncé.
Le concours de maîtrise d’œuvre pour la Philharmonie de Paris est lancé le 17 novembre 2006. Après la sélection de six projets en janvier 2007, celui des Ateliers Jean Nouvel est définitivement retenu en avril 2007, et le permis de construire déposé le 21 décembre 2007. Les travaux de construction ont repris en décembre 2010.


