
Paris compte, à première vue, un nombre suffisant de grandes formations orchestrales, mais une analyse plus approfondie fait transparaître une situation beaucoup plus nuancée. Le problème principal n'est pas d'ordre qualitatif, il est de nature identitaire. Pour stabiliser la vie musicale parisienne, stimuler l'ensemble du dispositif national, renforcer la personnalité des formations en permettant à plusieurs d'entre elles d'accroître leur rayonnement international, un équipement moderne s'impose, aux normes fixées en fonction des exigence de la musique symphonique. L'orchestre est une structure historique, hiérarchisée, qui dispose d'un répertoire exceptionnel mais qui doit s'adapter au monde moderne. Dans cet esprit, mettre en relation diffusion, patrimoine et éducation représente la rampe de lancement de la Philharmonie de Paris.
Le projet de la Philharmonie de Paris répond à une double obligation : d'une part, créer une grande salle de concert ajustée à la musique symphonique ; d'autre part, mettre en évidence un modèle artistique permettant d'approfondir et de renouveler les relations avec les publics. Il est naturel que l'Orchestre de Paris soit le résident principal de la Philharmonie de Paris et puisse franchir un nouveau palier qualitatif, grâce à des conditions de répétitions optimisées. Mais le propos ne saurait se limiter à cette pensée patrimoniale. Les répertoires dits savants représentent une référence productive, à condition d’en élargir les frontières, d’intégrer la culture chorale (professionnelle et amateur) et d’interroger toutes les époques (du Moyen Age jusqu’à aujourd’hui), tout en s’efforçant de souligner à la fois les continuités et les lignes de rupture. Parallèlement, seule la présence à part entière de modes plus populaires (le jazz, mais aussi les musiques traditionnelles ou actuelles) et des cultures du monde garantira l’originalité et l’ouverture du projet.
La Philharmonie de Paris accueillera chaque saison des orchestres régionaux et internationaux. De nombreuses formations françaises et étrangères seront invitées à se produire sur place (environ 170 concerts par an seront proposés en plus des 80 représentations assurées par les orchestres résidents). Ces orchestres, qui restent peu de temps sur place, doivent pouvoir rapidement prendre leurs marques au sein de la Philharmonie de Paris, disposer de salles de répétition et de locaux adaptés pour ranger leurs instruments en toute sécurité. En synthèse, s’appuyer sur des services efficaces qui leur offrent toutes les conditions de fonctionnement requises pour produire des concerts de grande qualité.
Pour répondre à ces missions, la Philharmonie de Paris a opté pour une organisation structurée autour des pôles d’activité qui s’appuient sur un peu plus d’une centaine de collaborateurs, dont les trois quarts travaillent sur le "cœur de métier musical". Ils se consacreront à la définition des grandes lignes de la programmation musicale et la politique pédagogique et culturelle, à la préparation et à la production de concerts (accueil des formations musicales, régie d’orchestre, régie de scène, son, lumière et d’enregistrement, etc.), à la coordination et à l’animation d’équipes d’animation pédagogique, à la promotion des activités musicales et culturelles auprès des publics cibles (publications, site web, mécénat, etc.) ainsi qu’à l’optimisation des conditions d’accueil des publics.

