A l’origine de la HQE®, il y a le développement durable. Si le concept apparaît dès 1972 lors de la conférence de Stockholm sur l’environnement, il n’est véritablement officialisé qu’en 1992, à l’occasion du Sommet de la Terre, grâce à la "déclaration de Rio" sur l’environnement et le développement. Le développement durable est désormais défini comme un "développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs" (rapport Brundtland "Our common future", 1980). Dernier rebondissement en 1997, dans le cadre du protocole de Kyoto, lorsque l’Europe s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % entre 1990 et 2010. Un engagement qui signifie pour la France une réduction de ses émissions de 16 millions de tonnes équivalant carbone, dont 17 % dans le secteur du bâtiment. Dans la droite ligne de cette nouvelle réglementation, à l’instar des différentes démarches environnementales qui se développent dans le monde, la France crée la Haute Qualité Environnementale (HQE®).
Le 20 juin 2003, la marque "Démarche HQE®" est déposée par l’association du même nom. Elle constitue un ensemble de critères de performance pour les constructions, notamment tertiaires, publiques ou privées, validé par des certifications. Officialisée début 2005, la certification "NF Bâtiments Tertiaires – Démarche HQE®" est délivrée par Certivéa, filiale du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment). Elle concerne les phases de programmation, de conception et de réalisation. Ce "système de management environnemental" sert de guide pour appliquer les mesures du Ministère de l’Écologie et du Développement durable ainsi que de la Ville de Paris.
La démarche HQE® reprend les deux objectifs des précédents sommets de la Terre – répondre à nos besoins actuels, sans que cela entame la capacité des générations futures à le faire – et fournit la méthode et les normes afin que la construction et le fonctionnement des bâtiments les respectent. La Philharmonie de Paris s’inscrit dans cette ambition. De sa genèse à sa réalisation, on retrouve cette exigence transversale dans toutes les phases du projet, au même titre que l’accessibilité et la sécurité.
Structurée en deux volets indissociables, le SMO (Système de Management de l’Opération) et la QEB (Qualité Environnementale du Bâtiment), la HQE® décline les objectifs d’amélioration de la qualité environnementale des bâtiments en 14 cibles, réparties en 4 thèmes majeurs:
Quatre cibles, dites à niveau "très performant" (TP), sont prioritaires : la gestion de l’eau, l’énergie, l’entretien et la maintenance, l’acoustique intérieure et extérieure. Les cibles liées à l’insertion du bâtiment dans le site et au choix des matériaux correspondent à un "niveau performant" (P). La HQE® n'est pas un label mais une démarche globale faisant appel à une approche multicritères. Pour qu’un projet soit certifié, il devra atteindre 7 cibles maximum avec au moins 4 cibles au niveau performant et 3 au niveau très performant.
Outre sa plus-value en en matière de développement durable, la démarche HQE® se traduit par une économie en matière de maintenance et d’exploitation puisqu’elle amène un transfert des coûts différés vers les coûts d’investissement initiaux. En prenant en compte non seulement les coûts initiaux (coûts d’approche et coûts de réalisation), mais également les coûts différés (exploitation, maintenance, etc.), elle réintroduit une approche globale des coûts, source d’économie. L’autre apport non négligeable de la HQE® concerne les coûts indirects, difficilement quantifiables, puisqu’ils se mesurent sur l’impact des bâtiments sur l’environnement ou la santé de leurs utilisateurs (réduction de la pollution de l’air, des sols, des dépenses de santé, etc.).


